Forêts camerounaises : plainte contre la plantation de palmiers à huile SGSOC

 

 

Paris, Yaoundé, le 4 octobre 2016– Les communautés locales affectées par la plantation à grande échelle de palmiers à huile de la SG Sustainable Oils Cameroon  (SGSOC) ont saisi le Tribunal de Première instance de Bangem, dans le sud-ouest du Cameroun. La première audience a été fixée au 9 novembre. Greenpeace Afrique, qui a documenté les abus commis par cette entreprise ces sept dernières années, lance un appel pour soutenir ces communautés.

 

244 fermiers ont porté plainte contre la SG Sustainable Oils Cameroon le 27 septembre pour violation du droit de propriété. Parmi eux, 231 sont originaires du village de Nguti, dont la population avait demandé à ce que SGSOC respecte une zone tampon de 5 km autour de leurs fermes. Or la concession délimitée par SGSOC comprend en fait de nombreuses fermes dans la forêt autour de Nguti. L’entreprise n’a donc pas du tout respecté le principe de la zone tampon.

 

Au village Babensi II, treize fermiers sont aussi allés en justice après que SGSOC ait confisqué leurs terres, sans aucune consultation ni accord préalables.

 

« Un jour, quand je suis arrivé dans mon champ, j'ai découvert que leurs bulldozers avaient tout rasé, explique Adolf Ngbe Ebong, un policier à la retraite de 62 ans. J’avais prévu de développer cette plantation pour assurer la subsistance de mes enfants même après ma mort, mais à présent, je n'ai plus rien. Nous sommes tous désespérés ici et nous ne savons pas comment nous pourrons être secourus ».

 

La SGSOC, l’entreprise camerounaise qui détient une concession de 20 000 hectares pour développer une plantation de palmiers à huile était détenue jusqu’en 2015 par Herakles Farms, une société américaine, dont Greenpeace a pu dénoncer les méfaits.

 

« Les activités de SGSOC sont entachées d’illégalités, explique Sylvie Djacbou Deugoue, chargée de campagne forêt chez Greenpeace Afrique. Non seulement leur convention d’établissement avec l’Etat viole le droit camerounais, mais ils ont aussi coupé la forêt sans autorisation, intimidé plusieurs chefs traditionnels, utilisé des pots-de-vin et fait des promesses encore non tenues pour obtenir les faveurs des autorités locales ».

 

Le bail de la plantation ne doit pas être renouveler

Le bail foncier provisoire accordé par décret présidentiel en novembre 2013 à la SGSOC expire en novembre. Une coalition de plusieurs ONGs, dont Greenpeace, lance aujourd’hui une pétition au Cameroun et à l’international, pour demander au gouvernement camerounais de ne pas le renouveler ni le prolonger.

 

« SGSOC n’a fait que multiplier les violations de la loi et n’a pas tenu ses nombreuses promesses envers les communautés, comme la construction de routes et d’écoles, rappelle Sylvie Djacbou Deugoue ».

 

Cette plantation est installée dans la Forêt guinéenne de l’Ouest africain dans une zone classée pour sa biodiversité exceptionnelle : on y trouve 1 800 espèces endémiques de plantes vasculaires ainsi qu’une diversité exceptionnelle de primates classées parmi les espèces à protéger en priorité.

 

Contact

Sylvain Trottier, Communication : 0630235278